De
Puro Guapo
Juillet-Août 1998
Rose-Marie Fässler
"
Depuis plusieurs années, Montréal connaît un engouement
toujours grandissant pour le tango argentin, que ce soit pour la danse,
pour la culture ou pour la musique. Parmi les quelques musiciens qui
font partie du paysage du tango montréalais, il y a un jeune
Argentin talentueux, sympathique et souriant, Victor Simon, arrivé
au Québec à l'été 1997 à l'occasion
du Festival de Folklore de Drummondville.
Victor est
né à Santiago del Estero, ville située au centre-nord
du pays. Sa ville natale qui abrite de nombreux musiciens, chanteurs
et poètes est considérée par plusieurs comme la
capitale du folklore argentin. Depuis sa plus tendre enfance, Victor
est plongé dans le milieu de la musique. Du milieu des années
50 jusqu'à la fin des années 70, son père, ses
oncles et une tante formaient un groupe fort populaire, Los Hermanos
Simon, qui enregistra plusieurs pièces musicales. Bien qu'incluant
valses et tangos leur répertoire était surtout axé
sur le folklore. Victor a passé sa jeunesse dans l'ambiance des
répétitions de Los Hermanos Simon, qui se faisaient dans
la maison familiale.
Victor commence
à gratter la guitare à l'âge de cinq ans. Deux ans
plus tard, lors d'une visite chez des amis de son père, il découvre
le piano. Victor se souvient avoir commencé à pianoter
nonchalamment et d'avoir joué tout naturellement quelque chose
qui pouvait ressembler à une Chacarera (musique folklorique argentine)
; il était sans doute influencé par le genre privilégié
des musiciens de sa famille. Ce moment fut le départ de sa passion
pour le piano. Son bonheur d'enfant ne pouvait être complet sans
qu'un piano ne vienne garnir leur maison. Ce qui fut fait quelques temps
plus tard. Cet engouement pour la musique l'amènera à
faire des études dans cette discipline. A l'école, il
étudie le répertoire classique. Mais c'est en autodidacte
qu'il acquiert et perfectionne ses connaissances du folklore.
Victor obtient
une licence en piano et composition. Tout au long de ses études
et après l'obtention de son grade, il joue pour le plaisir et
donne également plusieurs prestations publiques à Santiago
Del Estero et à Cordoba, où il s'installera pendant dix
ans. Petit à petit, sa carrière professionnelle prend
son envol. Son répertoire est composé, entre autres, de
musique de chambre, de tangos, mais surtout de folklore. Selon lui,
le folklore est le plus représentatif du caractère argentin
que le tango.
En raison
de ses connaissances de cette musique, la directrice de la Troupe de
Ballet Folklorique Latino-Américain de Santiago Del Estero lui
a proposé d'accompagner la troupe lors des tournées. C'est
ainsi qu'il participera à des festivals en Bolivie et au Chili.
L'année dernière, le Festival de Folklore de Drummondvillle
l'amena chez nous. Séduit par le Québec et par Montréal,
il décide d'y rester quelques temps. Il apprend le français
et commence à fréquenter le milieu du tango montréalais.
C'est cette dernière rencontre qui le poussera à explorer
plus avant la musique de tango. Musique, qui avec l'éloignement,
prend pour lui toute sa force évocatrice. A tel point qu'il est
incapable d'écouter certains tangos qui lui font ressentir avec
trop d'émotion la distance qui le sépare des siens. (
)
La passion qui habite les tangueros montréalais, des non-argentins
pour la plupart, l'impressionne beaucoup. Cela lui procure une grande
joie et une grande fierté et l'incite à s'intégrer
davantage au paysage du tango montréalais et à apporter
sa contribution à l'évolution de cette culture à
Montréal. "
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